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Manucure de rue, rasage et pédicure : Regards sur ces gestes qui exposent au VIH mais banalisés au Sénégal
À Dakar, dans les rues animées et les marchés bondés, certains gestes quotidiens passent inaperçus mais comportent des risques sanitaires sérieux. Alioune tend ses doigts pour une manucure de rue à 100 francs. Abasse confie ses pieds à un pédicure ambulant pour 200 francs. Des gestes ordinaires, perçus comme banals, mais qui peuvent être des vecteurs silencieux de contamination par le VIH. Alors que les affaires de transmission volontaire choquent régulièrement l’opinion publique, le virus continue sa propagation discrète, portée par des pratiques quotidiennes que beaucoup négligent. Sous le soleil brûlant de Sandaga, Yakhouba Idi Diakhadih installe son petit matériel sur le trottoir : lames, ciseaux, grattoirs. Pour 500 francs, il réalise une pédicure ; pour 200 francs, un rasage. Sa clientèle se compose de passants pressés, d’habitués ou de personnes à budget limité. Depuis 2010, ce Nigérien installé à Dakar a quitté la rue pour travailler à domicile. « Je nettoie mes outils avec de ...